4 - « Les victimes que nous avons à déplorer depuis le début de la marche sur Fez sont toutes tombées entre Salé et Kenitra. »

dimanche 3 avril 2011

Mais, en dépit de tout, la réalité sur le terrain était en faveur des résistants qui clonèrent cette armée sur place, l’empêchant d’investir la région de Kenitra et le Gharb. Ils lui affligèrent plusieurs défaites dont la presse française en fit son cheval de bataille contre le gouvernement et son ministre de la guerre.

 « Tous les renseignements qui nous parviennent concordent à démontrer que la région qui doit être traversée par la colonne pour atteindre Fez est entièrement hostile. La colonne ne pourra donc pas compter sur un accueil bienveillant des tribus, et elle sera obligée de marcher avec une extrême prudence. »
Le Matin 1911-05-12  Numéro 9936  P 1

 « Les victimes que nous avons à déplorer depuis le début de la marche sur Fez sont toutes tombées entre Salé et Kenitra. La réputation de cette piste est devenue si détestable qu’aucun voyageur, aucun négociant n’ose s’y aventurer même avec une escorte bien armée »

« Ajoutons que, dans les milieux militaires, on estime que l’incendie de la partie de la forêt de Mamora à laquelle il est fait allusion plus haut est indispensable, afin de dégager la piste et d’empêcher les bandes de Berbères de trouver un abri trop commode. »
Le Petit Journal 1911-05-27  Numéro 17683 P 1


Attaque des Zemmour 5 Mai 1911

Les habitants prirent le soin de ne laisser à la portée de l’ennemi rien pût ravitailler ses soldats.

Déclaration du général Moinier à l’envoyé spécial du « Matin »
« On a annoncé la marche rapide d’une colonne volante sur Fez.
On a pu penser à un raid. On ne peut pas faire un raid dans un pays hostile, qui fait le vide devant vous et où on ne peut pas se ravitailler sur place. »
Le Matin 1911-05-14  Numéro 9938  P 1   EL QOUNITRA

« La reconnaissance avait également pour objet de trouver de l’orge à acheter dans la région. On parlementa avec le caïd Si Larbi ben Ahmed qui promit de mettre à la disposition des troupes françaises d’assez fortes quantités d’orge.
Le fait avait une grosse importance, car on évitait ainsi un long transport d’approvisionnements pour la cavalerie de Rabat et même de Casablanca.
Toutefois, lorsque dans l’après-midi le détachement se présenta pour prendre livraison de l’orge promise, on trouva le village complètement abandonné, tous ses habitants avaient fui dans la forêt de Mamora.
Voilà un fait qui caractérise bien la sourde hostilité – signalée dans mon radiotélégramme hier – que nous rencontrons partout sur notre passage depuis que nous avons franchi la limite de la Chaouïa. »
Le Matin 1911-05-08  Numéro 9932  P1

 « Deux reconnaissances de goumiers ont remonté la rive gauche du Sebou jusqu’à Sidi-Ayech, à une quinzaine de kilomètres. Elles ont rencontré un petit douar de Beni-Hassen ; ce douar était vide.
Les populations effrayées [‼] ont abandonné la région ; toutefois, on ignore leurs intentions exactes à l’égard de la colonne Brulard. »
Le Petit Journal 1911-05-05  Numéro 17661 P 1

« L'Effervescence des Tribus

Pourtant, de nombreux renforts ont rejoint, depuis vingt-quatre heures, le camp de Knitra. Ils portent la colonne du colonel Brulard à quatre mille hommes. Il semble que rien ne devrait s'opposer désormais à son départ. Si ce n'est l'ennemi, qui grossit chaque jour et qui paraît déterminé à s'opposer énergiquement à nos opérations.
On se flattait que les tribus des Zemmour et des Beni-Hassen conserveraient vis-à-vis de nous une neutralité bienveillante. Or, tout au contraire, ils n'ont eu rien de plus pressé que de nous attaquer et de nous tuer quelques hommes avant même que nous n'ayons quitté Knitra.
On annonce, d'autre part, que des bandes de cavaliers ennemis s'enhardissent jusqu'à venir rôder aux alentours du camp français et que l'on signale au colonel Brulard des rassemblements ennemis fort importants sur divers points entre Rabat et Fez.
Il ne faut donc pas se faire d'illusions l'opération que nous allons entreprendre sera difficile et dangereuse elle sera aussi, sans doute, fort longue.. »
Le Gaulois 1911-05-11 Numéro 12262

L’envahisseur mit en œuvre un stratagème machiavélique. Il arma la population gharbaoui contre les Beni Hssen, attisant des rivalités qui remontaient à 1902.

 « Toutes les populations du Gharb sont prêtes à marcher contre les Beni-Ahsen, pour tirer vengeance des pillages de 1902, si le gouvernement français leur donne l’assurance de son concours et leur fournit des munitions. »
Le Matin 1911-05-04  Numéro 9928  P3

Journaux de 1911



Le Petit Journal 1911-05-08  Numéro 17664 P4

Nouvelle attaque contre un convoi
(Dépêche de l’Agence Fournier)
Tanger, 7 Mai.
Un autre convoi isolé a été attaqué, hier, entre Salé et Mehedya. On signale plusieurs blessés et trois soldats du train disparus.
La tribu des Ahmar serait coupable de ces agressions répétées.
L’autorité militaire vient de donner l’ordre exprès de ne plus laisser partir aucun convoi isolé.
La nouvelle de cet acte d’hostilité a produit, aussitôt connue, une vive impression parmi les Européens.




Le Temps  1911-05-08 -Numéro 18208.
● Le Temps, n° 18.208, Lundi 8 mai 1911, p. 2, en rubrique « Les affaires du Maroc » :
Les affaires du Maroc
L'attaque des Zemmour
    Autour de la colonne Brulard
                                           
 (Dépêche de notre correspondant particulier)


Funérailles d'un mort au champ de bataille. 
Tanger, 7 mai.
Un radiotélégramme de Rabat annonce que les Beni-Hassen et les Zemmour ont commencé les hostilités contre la colonne Brulard [Du nom du colonel qui la commandait]. Ils ont coupé la conduite d’eau de Salé et ont essayé d’empêcher le ravitaillement de nos troupes.
   Le 5 mai, un djich de Zemmour a attaqué un convoi de ravitaillement et enlevé quelques chameaux. Dans l’engagement, un brigadier français a été tué, le lieutenant Vallade et deux soldats blessés. [L'un est vraisemblablement décédé des suites de ses blessures]
   Une reconnaissance envoyée a ramené les chameaux et mis en fuite les agresseurs.
   [Le lieutenant Vallade appartient au 16e escadron du train des équipages (compagnie de Tunis)]. »    





L’Ouest Éclair – éd. de Rennes –, n° 4489, Lundi 8 mai 1911, p. 1 :

LA SITUATION AU MAROC
LES ZEMMOURS ATTAQUENT UN CONVOI


L´attaque de Dar El Aroussi - Le général MOINIER observe les positions des résistants

« RABAT, 6 mai. ― Il semble que les tribus des Beni-Hassen et des Zemmours manifestent l’intention de s’opposer à la marche de la colonne de secours. Un groupe d’une centaine de Zemmours a attendu hier, à six heures du soir, le passage d’un convoi de chameaux sur la piste de Méhédya. Une attaque soudaine a permis aux Zemmours de s’emparer de quelques chameaux, tandis que l’escorte ouvrait le feu. Un court engagement a eu lieu et un brigadier français a été tué. Le lieutenant Vallade, du train des équipages, a été blessé, ainsi que deux autres.
   Une reconnaissance partie d’El Kenitra a rejoint le djich qui s’est enfui, abandonnant la plupart des chameaux.
   D’autres patrouilles ont été envoyées et fouillent la région. Les troupes campées près de Salé explorent les environs où rodent des bandes de Zemmours. Ces bandes ont coupé les conduites amenant l’eau à la ville. Les convois sont fortement escortés.. »




Le Matin  :1911-05-08  Numéro 9932  P1
Difficultés à El-Qounitra
Casbah d’El-Qounitra, 2 mai, 5 heures soir. – De l’envoyé spécial du « Matin » (par rekkas spécial à Rabat). – La colonne Brulard est toujours campée à El-Qounitra, où elle attend l’arrivée de l’échelon arrière, retardé par la grosse question du ravitaillement.
Accompagné de toute la cavalerie, le goum Brulard est allé faire, ce matin, une reconnaissance jusqu’à Sidi-Ayech, à une quinzaine de Kilomètres du camp, sur la route que la colonne doit suivre pendant sa prochaine marche.
La reconnaissance avait également pour objet de trouver de l’orge à acheter dans la région. On parlementa avec le caïd Si Larbi ben Ahmed qui promit de mettre à la disposition des troupes françaises d’assez fortes quantités d’orge.
Le fait avait une grosse importance, car on évitait ainsi un long transport d’approvisionnements pour la cavalerie de Rabat et même de Casablanca.
Toutefois, lorsque dans l’après-midi le détachement se présenta pour prendre livraison de l’orge promise, on trouva le village complètement abandonné, tous ses habitants avaient fui dans la forêt de Mamora.
Voilà un fait qui caractérise bien la sourde hostilité – signalée dans mon radiotélégramme hier – que nous rencontrons partout sur notre passage depuis que nous avons franchi la limite de la Chaouïa.
Cette hostilité s’est encore manifestée par une attaque, dont un goumier a été l’objet à Salé ; il eut un cheval tué.
De nombreuses personnes, voyageant en groupe entre Salé et El-Qounitra, ont été arrêtées et rançonnées par les tribus traversées, lesquelles avaient fait le vide devant la colonne.
Les renseignements qui nous parviennent sur l’état d’esprit des tribus semblent maintenant confirmer qu’une concentration très importante se forme dans la forêt de Mamora.
Cette concentration serait composée de contingents de nombreuses tribus et aurait pour but de nous attaquer sérieusement durant la prochaine marche.
Hubert-Jacques




LE FIGARO   1911/05/08 (Numéro 128). P 1

Au Maroc
La colonne Brulard

      Une dépêche de Rabat, expédiée samedi, signale un premier acte d'hostilité de la part des tribus sur le territoire desquels opère le colonel Brulard.
     Vendredi, un groupe d'une centaine de Zemmours, qui attendait à la fin du jour le passage d'un convoi de chameaux sur la piste de Meheyda, l'a attaqué et s'est emparé de quelques bêtes; avant que l'escorte ait eu le temps d'ouvrir le feu. Un engagement a suivi dans lequel un brigadier a été tué et-deux hommes blessés.
     Les troupes campées près de Salé explorent les environs où rôdent des bandes de Zemmours. Ces bandes ont coupé les conduites amenant l’eau à la ville.
 Les convois seront fortement escortés.
     On a d'autre part reçu à Tanger les trois radiogrammes suivants qui datent malheureusement de plusieurs jours.
     L'officier de marine Carsalade continue ses travaux en vue du débarquement des approvisionnements et du matériel à Konitra par Mehedya et le Sebou, dont la profondeur est suffisante pour les remorqueurs et les barcasses.

El-Kounitra, 2 mai.

     Un goum de cavaliers et de fantassins est parti reconnaître le terrain jusqu'à. Sidï-Aïach, distant de 15 kilomètres environ du camp, sur la route de Fez.
     Les renseignements parvenus ici disent que le terrain de cette région est mauvais pour le passage de l'artillerie.
Mehedya, 3 mai,

     Le croiseur Friant, ancré au large de l'embouchure du Sebbou, a envoyé dans l'après-midi une embarcation pour explorer les fonds; dans le voisinage de la barre.

     Le croiseur Du Chayla est attendu incessamment à Mehedya. Il remorquerait des barcasses de Rabat, pour traverser la barre, celles de Mehedya étant insuffisantes.
Un détachement d'infanterie de marine; venu du camp d'El-Kounitra, est arrivé à Mehedya; il bivouaque hors des murs, près de la mer.


3 - Le Général Moinier : « nous rencontrons une vive résistance de la part des tribus. »

mardi 1 mars 2011

Pour saisir l’importance stratégique de Mehdia/Kenitra à l’époque, il suffit de se pencher sur les archives, rapports militaire et diplomatiques de la France coloniale.


Mehdya. – L’Administration et la rade

 
Les forces françaises devaient soumettre les tribus Bni Hssen et Zemmour pour avoir les coudes libres dans le Gharb. Des batailles féroces flambèrent la région dont la composante hasnaouie et zemmourie avait fait preuve d’une combativité héroïque qui n’avait pas manqué de surprendre l’envahisseur.

« L’hostilité des tribus
On signale un mouvement insurrectionnel grandissant du côté des Beni-Hassen et des Zemmour. Ces tribus ont l'intention de s'opposer de toutes leurs forces à la marche en avant de nos colonnes. Les populations du Gharb sont toujours très incertaines.
Une réunion de notables a lieu au marché de Sidi-Amar El Eiadi. On y a discuté si les tribus du Gharb doivent, oui ou non, envoyer des contingents à la guerre sainte.
Il faut bien se dire que, plus nos troupes tarderont à marcher, plus la situation s'aggravera dans cette partie du Maroc. »
La Croix 1911-05-10 Numéro 8632

Déclaration du général Moinier :
« Il ne faut pas se le dissimuler : nous rencontrons une vive résistance de la part des tribus.
Vous avez vu déjà que depuis Salé nous sommes heurtés aux hostilités des premières tribus. Mais je prévois pour plus tard de sérieux obstacles. »
Le Matin 1911-05-14  Numéro 9938  P 1  


Pièces de 75 en action


La résistance était telle que les renforts ne furent que se succéder :
Les unités du général Moinier
Les unités du général Brulard
Les unités du général Gouraud
Les unités du général Ditte
Les unités du capitaine Simon,
Les unités du lieutenant Guetta,
Les unités du lieutenant Gueytot,
Les unités du lieutenant Jeannerod ,
Les unités du général Dalbiez ,
Les unités du capitaine Moreaux,
Les unités du lieutenant Le Boette,
Les unités du commandant Vidal,
Les unités du commandant Knoll
Les unités du commandant Jacquier
Les unités du commandant Rueff
Les unités du capitaine Vignaud
Les unités du lieutenant-instructeur Harang 
Les unités du lieutenant-instructeur Prioux
Les unités du capitaine Reibel
Les unités du lieutenant Balambois
Les unités du colonel Comte


Avec en plus la Mehalla d’El Omrani venue soutenir les français contre les Beni Hssen et Zemmour.

 « Les mehallas sont composées de mercenaires. Le jour où ceux-ci ne seront plus payés, ils écouteront les conseils de désertion qui leur sont donnés du dehors ; ils céderont à la pression des caïds insurgés, dont ils furent jadis les compagnons de tente »
Le Petit Parisien 1911-05-09  Numéro 12610 P1

« Il fait déserter 150 cavaliers
Les 160 cavaliers qui étaient avec le lieutenant Jeannerod à Souk-el-Arba sont revenus à El-Ksar sur l'ordre de Raisouli. Celui-ci, furieux de voir que ces cavaliers ne revenaient pas, a envoyé des hommes à lui pour leur ordonner de repartir tout de suite, même si le lieutenant Jeannerod s'y opposait ce dernier a dû s'incliner. Le caïd Cherkaoui, très ennuyé de ce départ inopiné, qui est en contradiction avec les demandes de renforts qu'il a adressées au capitaine Moreaux, a remplacé ces troupes par 150 cavaliers Beni-Malek, auxquels il a garanti qu'ils toucheraient régulièrement leur solde. Il attend impatiemment le retour des cavaliers envoyés à la kasba de Qounitra pour y prendre contact avec la mehalla chérifienne. »
La Croix 1911-05-04 Numéro 8627

« Il reste à Fez des munitions d’artillerie pour deux combats sérieux, mais l’argent manque et il faut payer la solde des troupes, sinon les hommes vendront leurs armes.
On confirme que des auxiliaires Beni-Ouraïn et Beni-Sadden sont partis avec armes et bagages. »
L'Humanité 1911-05-08 Numéro 2577


Konitra-Bivouac de la Mehalla d'EL-Omrani

« Proclamation aux rebelles
Le Chérif Sidi Mohammed al Omrani, qui commande la première colonne de secours, a lancé une proclamation aux rebelles :
Après les salutations d'usage, il dit
« Les désordres dont vous vous êtes rendus coupables ne peuvent avoir qu'un résultat votre destruction et la perte de vos enfants et de votre pays.
«  J'ai reçu de Sa Majesté l'ordre de me rendre à la tête de cette armée des districts du Sud et de la Chaouïa à Fez.
« Nous sommes déjà en route, campés près de Rabat, et de nombreux effectifs vont se joindre à nous pour nous accompagner jusqu'à Fez.
«  Si vous désirez vous mettre vous mêmes, et votre pays, en sécurité, cessez vos désordres.
«  Envoyez-moi une délégation de notables qui s'entendront avec nous pour détruire ces germes d'anarchie.
« Si vous persistez à créer des troubles et refusez de profiter de nos avis, vous pouvez être certains que vous marchez à votre ruine.
«  Tels sont nos conseils, et Dieu nous en soit témoin »
La Croix 1911-05-09 Numéro 8631

Les forces française se composaient des :

Tirailleurs Sénégalais
Tirailleurs (Soldat d'infanterie légère détaché pour tirer à volonté sur l’ennemi) sénégalais. Les tirailleurs sénégalais sont un corps de militaires constitué au sein de l'Empire colonial français en 1857, principal élément de la « Force noire »

Tirailleurs algériens
Les tirailleurs algériens et tunisiens, appelés aussi Turcos, étaient des unités d’infanterie appartenant à l'Armée d'Afrique qui dépendait de l’armée de terre française. Ces unités à recrutement majoritairement indigène (70-90% selon les époques) venues d'Algérie française et du Protectorat de Tunisie ont existé de 1842 à 1964.

Zouaves
Les zouaves étaient des unités d’infanterie appartenant à l'Armée d'Afrique qui dépendait de l’armée de terre française. Ces unités à recrutement européen ont existé de 1830 à 1962.

Spahis
Spahi est un mot d’origine turque, (mot provenant du persan سپاهی sipâhi signifiant « soldat » qui nous a aussi donné cipaye ou sepoy) dont la traduction la plus acceptée est celle de « cavaliers ». À l'origine, les « sibahis » sont des cavaliers fournis par les tribus inféodées à l’Empire ottoman qui viennent renforcer les effectifs de Mamelouks (troupes régulières) lorsque l’ampleur des opérations le nécessite.
Ils se payent sur le terrain en pillant les lieux où ils interviennent et, une fois l’opération terminée, rejoignent leurs tribus d’origine.
Le dey d'Alger, destitué lors de l’arrivée des Français, dispose de « Sibahis », turcs en grande majorité. Se trouvant sans emploi, ils se rangent en 1830 sous la bannière de Yusuf (Youssouf) qui se met au service de la France et en fait des troupes efficaces et redoutées, contribuant à la conquête de l’Algérie. Le mot, déformé par la prononciation française, devient Spahi.

Légionnaires
La Légion étrangère est créée par ordonnance le 9 mars 1831 par le roi Louis-Philippe, à l'instigation du maréchal Soult, ministre de la Guerre. Cette troupe nouvelle est destinée à combattre hors du Royaume (en Algérie). La Légion étrangère ne peut combattre qu'outre-mer sauf si la métropole est envahie.

Chasseurs d’Afrique
Créé le 1er mars 1832 par ordonnance royale du 17 novembre 1831, avec 1 escadron de chasseurs algériens, servi sous les ordres de Joseph Vantini (alias Youssouf) et qui forment l'escadron indigène du régiment.

Journaux de 1911


Le Matin 1911-05-04  Numéro 9928  P3

Les tribus sont indécises
 Beabcha (bords de l’oued Sebou) 30 avril. – Dépêche de l’envoyé spécial du « Matin » (réexpédiée de Tanger). – Les Bni-Ahsen ne savent rien encore du départ de la méhalla d’El Omrani, et ils se montrent sceptiques à ce sujet ; ils n’en sont pas moins très inquiets et tâchent de se renseigner sur les mouvements des troupes françaises. En raison de cette perplexité, la méhalla a des chances de passer sans être molestée. Le bruit court même que le caïd El Arasi, des Beni-Ahsen, aurait fait sa soumission. La méhalla passerait jusqu’à Mechera-el-Remlla.
Toutes les populations du Gharb sont prêtes à marcher contre les Beni-Ahsen, pour tirer vengeance des pillages de 1902, si le gouvernement français leur donne l’assurance de son concours et leur fournit des munitions.
Les Beni-Ahsen disent que la méhalla d’El Omrani ne serait pas à la casbah d’El-Qounitra, mais à Dar-el-Aros. Des groupes de Beni-Ahsen de la plaine sont allés chez le caïd Si Mohamed el Guedary el Moktari, pour essayer d’entrer en pourparlers avec la méhalla, et éviter ainsi d’être razziés.
Mais le caïd malgré les sacrifices de taureaux faits devant sa maison, n’a voulu entreprendre aucune démarche.
Il a reproché aux Beni-Ahsen leur alliance avec les Cherarda.
Il faut absolument qu’une répression soit exercée contre les Beni-Ahsen, sans quoi il est certain qu’ils pilleront les populations du Gharb pour les châtier  d’avoir aidé les Français à rétablir l’ordre et d’être restés fidèles au makhzen.


Le Matin 1911-05-05  Numéro 9929  P 1

La dépêche suivante a été expédiée par notre envoyé spécial le 30 avril.
Avec la colonne


Intérieur de la casbah d'El Kénitra

  Casbah d’El-Qounitra, 30 avril. – De l’envoyé spécial du « Matin » ( par rekkas spécial à Rabat). – Nous voici campés à la casbah d’El-Qounitra, il se pourrait même que nous y fussions pour quelques jour.
En prévision d’événements éventuels, le colonel Brulard tient en effet à ce que le premier échelon de renfort soit arrivé ici avant de se lancer plus loin ; mais cet échelon, qui est actuellement à Salé, doit lui-même être remplacé par d’autres unités actuellement en formation à Casablanca. Celles-ci suivraient à leur tour à une étape en arrière du « front », afin de pouvoir rapidement se porter en avant s’il en était besoin.
Le ravitaillement de la colonne volante s’opère avec difficulté. On le comprendra si on remarque que nous sommes déjà à 180 kilomètres de notre base d’opérations qui est Casablanca.
Un convoi de 800 chameaux est attendu demain. On pourra peut-être s’étonner a distance que la colonne volante n’ait pas une marche plus rapide, mais ceux qui sont comme moi sur place se rendent compte des difficultés énormes qu’il y a à vaincre.



Le Petit Journal 1911-05-05  Numéro 17661 P 1

El-Kounitra, 3Mai.
Deux reconnaissances de goumiers ont remonté la rive gauche du Sebou jusqu’à Sidi-Ayech, à une quinzaine de kilomètres. Elles ont rencontré un petit douar de Beni-Hassen ; ce douar était vide.
Les populations effrayées [‼] ont abandonné la région ; toutefois, on ignore leurs intentions exactes à l’égard de la colonne Brulard.
LE FIGARO   1911/05/06 (Numéro 126). P 2

Au Maroc
Vers la délivrance de Fez [‼]
     Aujourd'hui, selon toute vraisemblance, le mouvement définitif commencera, pour ne plus s'arrêter, désormais. Les divers échelons de la colonne se suivent à une étape de distance. Mais, au moindre signe de résistance sérieuse, la harka se laissera rejoindre par les goums, et ceux-ci ralentiront leur progression dans la mesure voulue pour que le tir de nos pièces de 75 se trouve à portée d'appuyer éventuellement leur attaque. Agir autrement serait une imprudence grave, que l'expérience éprouvée du colonel Brulard, chargé du commandement général de toutes les fractions, ne commettra certainement point.

     Le respect de la cité de Rabat, qui compte parmi les ports ouverts au commerce international, énumérés dans la convention d'Algésiras, a, celui de fournir de notre part un témoignage de discrétion vis-à-vis de l'Europe, et aussi vis-à-vis de l'Espagne. Il empêchera peut-être celle-ci d'opérer un débarquement, fort inopportun, à Larache.     Cette discrétion ne nous coûtera guère au surplus, Rabat étant fort difficile à aborder du côté de la mer: 200 jours par an, le débarquement y est impraticable du fait de la barre. Nous ne perdons donc presque rien à ne pas l'utiliser comme escale. Tout au contraire, elle nous procure un excellent prétexte pour installer une base navale sommaire, à Mehedya, à 40 kilomètres au nord, vers l'embouchure du Sebou, où les conditions d'atterrissage et d'ancrage sont infiniment meilleures, et désignent même peut-être, d'ores et déjà, Mehedya comme l’emporium futur de la capitale du Rharb. La marine y créera un jour ou l'autre un petit établissement, dont les études sont faites.


Campagne du Maroc 1911 – 1912. – MEHDYA. – Le Sémaphore


LA PRESSE  1911/05/07 (Numéro 6893).P 1

LES Renforts à Casablanca
Arrivée des généraux Ditte et Dalbiez
Tanger, 6 mai.
           Un radiogramme de Casablanca signale le débarquement de renforts arrivés par les vapeurs Gaule, Moulouya et Aquitaine. Les généraux Ditte et Dalbiez ont également débarqué.
           De Rabat, on signale que le général Moinier circulera entre cette ville et Mehedya jusqu'à ce que soit effectuée la concentration des colonnes au-delà de Mehedya.
           La colonne Brulard n'a pas encore reçu l’ordre de marche.



Le Matin 1911-05-07  Numéro 9931  P 1

Le général Moinier se trouvait en personne hier à El-Qounitra.
Le goum et la méhalla marocaine étaient à Lalla-Ito, et la colonne Brulard à Sidy-Ayech à un tiers du chemin environ entre El-Qounitra et Lalla-Ito.
La marche ne se poursuit pas aussi rapidement qu’il serait désirable, et ce parce que les chameaux nécessaires pour transporter le matériel et les munitions font défaut.

Convoi attaqué

Tanger, 6 mai. – Dépêche particulière du « Matin ». – Un radiotélégramme qui arrive à l’instant via Casablanca que les Beni-Ahsen et les Zemmour ont coupé la conduite amenant l’eau à Salé.
Hier 5 mai un djich de Zemmour a attaqué un convoi auquel il a enlevé un certain nombre de chameaux chargés. Un brigadier a été tué et deux hommes blessés.
Un détachement envoyé à la poursuite des pillards a réussi à reprendre la moitié des chameaux.

Le Matin 1911-05-07  Numéro 9931  P 3

Un officie français blessé
Rabat, 6 mai. – Au cours de l’attaque dont un convoi a été l’objet hier, de la part des Zemmour, sur la piste de Salé à Mahediya, outre un brigadier tué, il y a eu un officier français blessé, le lieutenant Vallade.




Le Petit Journal 1911-05-08  Numéro 17664 P 1

Un nouveau télégramme de Rabat est venu confirmer l’attaque, par les Zemmours d’un convoi de la colonne volante.
Au cours de l’engagement, nous avons eu, on le sait déjà, un lieutenant et deux hommes blessés, et un brigadier tué. Le nom de cette première victime des opérations actuelles n’a pas encore été communiqué à l’heure où nous écrivons ces lignes. Quant à l’officier blessé, le lieutenant Vallade, il appartient au 16eme  escadron du train des équipages (de Tunis).
Désormais, dit ce même télégramme, les convois seront fortement escortés. La précaution n’est certes pas inutile en ce pays d’escarmouches et de guets-apens.

Tanger, 7 Mai.
Casba d’El-Knitra, 1er Mai.
L’officier de marine Carsalade continue ses travaux en vue du débarquement des approvisionnements et du matériel à Knitra par Mehedya et le Sebou, dont la profondeur est suffisante pour les remorqueurs et les barcasses.


2 - « la France ne se propose pas d’occuper de nouveaux territoires au Maroc » (Général Moinier)

vendredi 28 janvier 2011

L’année 2011 représente le centenaire du débarquement français à Mehdia/Kenitra, action menée sous le prétexte de secourir la ville de Fès, de la même manière que Casablanca fut prise en 1907, avec l’alibi de sauver les ressortissants européens y résidant. La marche sur Kenitra visait en réalité la conquête de la plaine du Gharb, la soumission des Beni Hssen, ″pacification″ des régions de Fès, Meknès et la main mise sur les riches terres cultivables du haut Sebou.

En 1907, Casablanca fut soumise durant trois jours successifs, à un bombardement infernal. Une foi elle était mise à sac avec ses régions (Chaouia et Doukkala),…


1907-Enlèvement des cadavres dans les rues de Casablanca


…les colons français affluèrent de toute part pour s’accaparer des terres arrachées aux autochtones. Et pour faire face à une forte demande (dont des colons venus d’Algérie),

L’occupant dut diriger les nouveaux arrivés vers les plaines du Gharb et du Saïs. A cette phase de l’opération du colonisateur Mehdia/Kenitra, de par sa situation sur l’Atlantique, servait tout naturellement de point de débarquement des français.

« Et ainsi l'occupation successive dépose les unités sur le sol comme des couches sédimentaires. C'est bien une organisation qui marche. C'est une méthode sans grands coups d'éclat, plutôt de cheminements que d'assauts, qui n'aboutit qu'exceptionnellement à une « grosse affaire » ; aussi fut-elle à l'origine peu sympathique aux chercheurs d'aventures. »
Questions du temps présent-LyauteyP21


Colonne de FEZ 1911-Mehdia-Un navire à la côte

Lyautey avait déclaré à propos que la rareté des terres à mettre à la disposition des colons français et européens était telle que les autorités se trouvèrent acculées d’user de divers moyens pour satisfaire, une demande de plus en plus forte. Dans ce contexte, les plaines du Gharb, plus fertiles et plus arrosées que les plaines de la Chaouia ne pouvaient échapper à la convoitise de l’occupant qui, pour examiner la faisabilité de son projet, s’intéressa tout d’abord à la navigabilité de Sebou qu’il étudia avec minutie et, pour ne rien laisser au hasard, mesura avec précision la pluviométrie de la région entre 1905 et 1910, une année avant le débarquement de l’armé françaises.


Compagne du Maroc 1907-1911 Port de Mehdya

 
 « Vous êtes, Messieurs les Colons, notre raison d'être dans ce pays. »
Paroles d'action-LyauteyP56

 « Les terres disponibles pour les colons et les Européens se sont trouvées rares au début; elles le sont encore. Cependant, à côté du procédé habituel d'achat il a été possible de s'en procurer par d'autres moyens dans le détail desquels je ne veux pas entrer ici.
Et c'est justement sur cette terre collective que nous créons des lots domaniaux pour en faire bénéficier la colonisation française. »
Paroles d'action-Lyautey-P441



Les trois Généraux Moinier, Ditte, Dalbièz conférant à El Kenitra


Journaux de 1911



Le Petit Parisien 1911-04-30  Numéro 12601 P 1

La colonne volante campe à El Knitra
        Rabat, 29 avril.
La traversée de l’oued Bou-Regrag a été effectuée dans les meilleures conditions par toutes les troupes venues de Casablanca.
Actuellement, six goums [Un goum regroupe environ 200 goumiers], commandés par le commandant Simon, ayant comme adjoint le lieutenant Gueytot, campent à El Knitra, où se trouve un gué et où seraient adressés les approvisionnements venus par mer à Mehadia à l’estuaire du Sebou, dont la marine poursuit l’utilisation sur les donnés fournies par l’ingénieur Pobeguin, de la mission hydrographique qui releva les fonds et les atterrages en 1905.

 Le premier échelon de la colonne Brulard campera ce soir à El-Knitra, où le reste arrivera demain.




Le Petit Parisien 1911-05-01  Numéro 12602 P1

La Mehella Bremond a razzié les rebelles

Tanger, 30 avril
On mande d’El-Ksar le 29 avril :
Le caïd Cherkaoui a écrit au capitaine Moreaux qu’il a des nouvelles très récentes de la mehalla du commandant Brémond.
La mehalla serait montrée impitoyable pour les territoires des rebelles. Elle aurait mis le feu aux récoltes et aux douars abandonnés [‼], ce qui aurait produit un gros effet [‼].


Colonne de Fez 1911 - Bivouac de Konitra


LA PRESSE   1911/05/01 (Numéro 6887). P1

LES TROUPES FRANCAISES AU MAROC
LA COLONNE VOLANTE SUSPEND SA MARCHE

Tanger, 30 avril.
On mandé de Rabat à la date du 29 que la harka chériflenne et les goumiers sont campés à une courte distance d'El-Kenitra, attendant l'arrivée de nouveaux effectifs. La colonne Brulard est également campée à El-Kenitra, ayant reçu l’ordre d'attendre de nouvelles instructions avant de pousser plus loin sa marche en avant.
Les tirailleurs sénégalais et algériens, avec de l'artillerie à tir rapide, formant le deuxième échelon de la colonne Brulard, sont campés au nord de Rabat dès l'arrivée du 3e échelon, le deuxième ralliera El-Kenitra.


Le Petit Journal 1911-05-01  Numéro 17657. P 1

Tanger, 30Avril, 1h.15 soir.
Rabat, 30 Avril. – Les échelons de la colonne Brulard continuent à passer le Bou-Regrag et à rejoindre à El-Kounitra la tête de la colonne. Les troupes attendront à El-Kounitra la concentration des approvisionnements, tandis que les goums vont avancer sur Lalla-Ito.
Les Beni-Hassen sont calmes[‼] ; ils sont retenus par la crainte d’être pris entre les goums et les mahallas formées à El-Kasar. La colonne a installé à El-Kounitra un poste mobile qui suivra la colonne.
Les tirailleurs sénégalais et algériens, avec de l’artillerie à tir rapide, formant le deuxième échelon de la colonne Brulard, sont campés au nord de Rabat ; dès l’arrivée du troisième échelon, le deuxième ralliera El-Kounitra.

Le Petit Journal 1911-05-01  Numéro 17657 P4

(Dépêche de l’Agence Havas)
Tanger, 30 Avril.
On mande d’El-Kasar, à la date du 28 Avril, que des convois d’armes et de munitions sont partis pour Souk-el-Arba, où 1500 hommes campent avec le lieutenant Jeannerod.
Les tribus du Gharb restent dans l’expectative.
Cherkaoui partira avec ses contingents vers Méhédia au-devant des goums.



Le Matin 1911-05-01  Numéro 9925  P 1 :

Le goum marocain avance d’El-Qounitra vers Lalla-Ito, dans la direction de Fez. La colonne volante attendra à El-Qounitra.

Le Matin 1911-05-01  Numéro 9925  P 3 :

Il paraît que les fantassins et les cavaliers de la méhalla étaient exaspérés par ces attaques incessantes pendant leur lente marche, aussi les instructeurs ne purent-ils les empêcher de mettre le feu aux récoltes et à tous les douars qu’ils trouvaient sur leu passage [??]. Cela a produit du reste un gros effet, et les populations rencontrées ont été fortement impressionnées.

La colonne Brulard

  Rabat, 29 avril. – Dépêche particulière du « Matin » (par radiotélégramme à Tanger). – La colonne du colonel Brulard, qui avait campé hier à Salé, est partie ce matin pour Qounitra.
Deux compagnies du 2e tirailleurs [2 X 300 hommes], deux compagnies de sénégalais [ 2 X 300 hommes ]et deux batteries d’artillerie [2X (4 officiers, 109 hommes, 86 chevaux)] ont franchi aujourd’hui l’oued Bou-Regrag et ont rejoint la colonne.


Colonne de Fez 1911- Un coin du bivouac



Le Matin 1911-05-02  Numéro 9926  P1

Nous avons reçu des nouvelles de Rabat, datées d’hier, au sujet de l’armée de secours qui doit se porter vers Fez. Tous les éléments de la colonne volante et du goum sont réunis depuis le 29 avril à El-Qounitra. Le dernier échelon – le plus important – a dû quitter Casablanca hier à destination de Rabat.


LA PRESSE    1911/05/02 (Numéro 6888). P 1

LA TRAGEDIE MAROCAINE
LES COLONNES DE SECOURS
LA COLONNE BRULARD N’AVANCE PAS

La Tragédie, Marocaine
Tanger, 1er Mai. – On mande de Rabat, en date du 30, que les communications radiotélégraphique sont presque impossibles.
La mehalla, les goums et les contingents de la colonne Brulard sont toujours campés près d'El-Kenitra. Le colonel Brulard a installé un petit poste radiotélégraphique communiquant avec Rabat.


Le Petit Parisien 1911-05-04  Numéro 12605 P 1

La colonne Brulard attend des vivres

Rabat, 3 mai.
(Par radiogramme via Casablanca)
Une section du génie est campée près de Mehedia ; elle est employée à aménager un quai provisoire sur la rive gauche de l’oued Sebou, afin de permettre le débarquement du matériel et des approvisionnements pour les troupes qui seront introduites par Mehedia.
La colonne Brulard et la mehalla sont toujours immobilisés à Knitra, attendant les convois de ravitaillement qui arrivent seulement aujourd’hui à Rabat.

Le Petit Parisien 1911-05-04  Numéro 12605 P 3

Les Cherarda, les Hadjaoua et les Beni Hassen demanderaient leur pardon au sultan. Ils disent qu’ils enverront samedi à Cherkaoui des délégués pour demander la paix à Omrani, dans la crainte que la mehalla de la Chaouia ne brûle leurs récoltes.



Le Matin 1911-05-04  Numéro 9928  P 1


La Colonne entre la Kasbah El Kenitra et l'Oued Sebou

En route pour Fez
Casbah d’El-Qounitra ( vallée du Sebou ) ; 29 avril. – De l’envoyé spécial du « Matin » (par rekkas spécial à Rabat). _ Nous voilà en pleine colonne d’expédition, campes autour de la casbah d’El-Qounitra, qui est située sur la limite des farouches Beni-Ahsen.
Nous sommes maintenant derrière les murs crénelés de son enceinte rectangulaire sur les rives inexplorées du Sebou.
Les marches effectuées jusqu’à ce jour n’étaient en réalité que des marches de concentration, amenant de Casablanca et de tous les points de la Chaouia, les éléments devant composer la colonne volante destinée à se porter rapidement au secours de Fez.
C’est pourquoi on peut considérer que l’entrée en campagne a eu véritablement lieu aujourd’hui.
A une heure et demie du matin, le réveil était sonné et le camp levé dans la pleine obscurité.
Les troupes se mettaient bientôt en marche dans la direction du nord-ouest.
La route suivie qui longe sensiblement le bord de la mer, est cependant coupée continuellement par des mouvements de terrain.